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CĂ©cile Duflot, la ministre qui immobilise l'immobilier

Publiée le 11/11/2013

CENTURY21 LANCASTEL vous informe


Les professionels de l'immobilier vivent dans la crainte de la prochaine tuile.

Réglementaire, législative, fiscale ?

Excédés, ils se lùchent publiquement contre leur ministre , Cécile DUFLOT ,

qui a réussi à fédérer la profession contre elle.

 

Pinel pour « Les Echos »
Pinel pour « Les Echos »

Insubmersible. CĂ©cile Duflot traverse les tempĂȘtes sans giter ni changer de cap. Au risque de sortir rincĂ©e de ces annĂ©es au gouvernement. Loi aprĂšs loi, deux dĂ©jĂ  aprĂšs dix-huit mois, auxquelles s'ajoutent quatre ordonnances, la ministre de l'EgalitĂ© des territoires et du Logement a rĂ©ussi Ă  liguer tous les professionnels du secteur
 contre elle. Certes, une manifestation d'agents immobiliers Ă  Bordeaux, le 18 octobre dernier, n'a pas mobilisĂ© les compagnies de CRS, ni les foules. D'autant que les frondeurs en costume-cravate Ă©taient moins d'une centaine et ne menaçaient ni la ministre, annoncĂ©e Ă  un colloque ce matin-lĂ  mais finalement Ă  l'autre bout de la France, ni l'ordre public. Mais ces professionnels n'ont pas pour habitude de descendre dans la rue. LĂ©gitimistes, ces chefs d'entreprise utilisent plutĂŽt les voies institutionnelles. Les petits s'adressent Ă  leurs syndicats professionnels. Les grands s'Ă©panchent Ă  l'oreille de lobbyistes ou directement auprĂšs des quelques parlementaires capables d'avoir une pensĂ©e argumentĂ©e sur le logement. Ces temps-ci, mĂȘme ces canaux-lĂ  semblent assĂ©chĂ©s
 Si bien que ces « go-between », traditionnellement discrets, prennent parti et se lĂąchent publiquement. Ainsi de la Fnaim, qui regroupe une bonne partie des agents immobiliers, et de l'Unis, qui fĂ©dĂšre les autres. Ils boudent. Et refusent de fournir au ministĂšre les donnĂ©es statistiques indispensables Ă  la mise en place des observatoires pour l'encadrement des loyers. Des tribunes fleurissent tous les jours, fustigeant les « élucubrations » du gouvernement, la « nocivité » de la loi Alur (pour « AccĂšs au logement et un urbanisme rĂ©nové »). La contestation gronde Ă  l'intĂ©rieur mĂȘme de l'actuelle majoritĂ©, d'oĂč Christophe Caresche, dĂ©putĂ© socialiste de Paris, a tweetĂ© son scepticisme sur le texte, lors de son examen au SĂ©nat. Tandis que mĂȘme Ă  Matignon, le Conseil d'analyse Ă©conomique juge la garantie universelle des loyers (GUL) et leur encadrement, deux clefs du texte de loi, techniquement ingĂ©rables et contre-productifs.

Il faut du temps pour apprécier les effets d'une réforme. Surtout dans ce secteur à l'inertie réputée. Soit. Mais dix mois aprÚs sa mise en place, le dispositif de défiscalisation Duflot, qui remplace le Scellier, n'a pas encore fait ses preuves. Censé relancer la production de logements locatifs, ce nouveau systÚme que les promoteurs ont rebaptisé « Duflop » n'a pas endigué la fuite des investisseurs. Trop encadré, trop rigide, trop instable, il requiert des conditions quasi impossibles à réunir pour assurer une rentabilité correcte. Le nombre de Duflot ne devrait pas dépasser 15.000 cette année, le gouvernement tablait sur le triple. La loi de mobilisation sur le foncier public n'a pas encore non plus produit ses effets. Quelques terrains ont changé de mains et le décret est enfin paru autorisant la SNCF, RFF, la RATP ou VNF à céder leurs parcelles moins chÚres. Enfin, la ministre n'y est pas pour grand-chose mais les allers et retours sur les plus-values immobiliÚres, pilotés par Bercy et finalement incompréhensibles, n'ont pas aidé à débloquer le marché.

 
 

Il y a dix-huit mois, les professionnels avaient saluĂ© avec mĂ©fiance mais respect et beaucoup d'espoir l'arrivĂ©e de cette ministre volontaire et prĂȘte Ă  faire valser les habitudes. Il y a moins d'un an, ils y croyaient encore. Favorablement impressionnĂ©s par les commissions de concertation, Ă  quarante autour de la table, pour prendre le pouls et l'avis de la profession, avant la rĂ©daction de la loi Alur. A l'exception du monde HLM, ils en sont tous revenus. Et critiquent, pĂȘle-mĂȘle, la manie de CĂ©cile Duflot de communiquer avant d'agir, son manque d'Ă©coute et son dogmatisme.

Surfeuse virtuose, elle a affinĂ© sa mĂ©thode. Avant chaque texte, une interview bien ciblĂ©e lui assure le soutien du grand public. Annoncer l'encadrement des loyers, la garantie universelle, dĂ©noncer les frais des agents immobiliers ou les abus des syndics
 c'est du velours. Tout comme ressasser l'objectif des 500.000 logements annuel. Admettons que l'optimisme affichĂ© soit de bonne guerre, lorsque les rĂ©formes sont imminentes. Le procĂ©dĂ© est en revanche biaisĂ© lorsque les chiffres n'en finissent pas de baisser. Lorsque l'on sait que, si la GUL est votĂ©e sur son principe, elle ne sera pas mise en oeuvre avant 2016 ! Que l'encadrement des loyers exige la crĂ©ation d'observatoires fins qui n'existent pas. Que cette mesure prise alors que la flambĂ©e est calmĂ©e depuis plusieurs annĂ©es pourrait faire augmenter les loyers des plus pauvres et baisser ceux des plus aisĂ©s. Qu'elle est enfin critiquĂ©e par tous les spĂ©cialistes, universitaires, historiens ou Ă©conomistes, comme un moyen infaillible de dĂ©courager les investisseurs alors que c'est justement de logements locatifs dont la France a besoin.

NĂ©s d'idĂ©es gĂ©nĂ©reuses mais thĂ©oriques qui supportent mal le passage Ă  la rĂ©alitĂ©, les nouveaux textes bardĂ©s de conditions, d'exceptions, de prĂ©cautions censĂ©s Ă©viter tout effet pervers en deviennent inapplicables, ou ratent leur cible initiale. Qu'importe la grogne, puisqu'ils passent ! Ce pourrait ĂȘtre un slogan. Qui risquerait d'installer, si ce n'est dĂ©jĂ  fait, plus qu'une distance, une dĂ©fiance entre le monde politique qui fait les lois et les professionnels qui en font les frais. Que se passe-t-il aprĂšs ? Une fois le but politique atteint ? Pas grand-chose, mais personne n'en parle plus. « Il y a un moment oĂč la dignitĂ© de la politique se mesure Ă  ses rĂ©sultats », a dĂ©clarĂ© Vincent Peillon, le ministre de l'Education nationale, lui aussi sous le feu des critiques. A bon entendeur


Catherine Sabbah
Journaliste en charge des dossiers Immobilier aux « Echos »
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